Continuité écologique sur le Rhin : la France pointée du doigt à la CIPR !

Malgré des propositions intéressantes exposées par la France lors de la réunion plénière de la CIPR (Commission Internationale de la Protection du Rhin), qui s’est tenue les 4-5 juillet 2019, le long feuilleton de promesses non tenues par la France (et par EDF) continue…
La grande nouveauté, c’est la proposition de rétablir la continuité écologique en privilégiant les “boucles” (Schlingen) de l’ancien Rhin qui contournent les  grands barrages  Rhinau, Marckolsheim et Vogelgrün,   tous infranchissables dans les deux sens à ce jour. Dans les boucles on effacera, contournera ou équipera les seuils agricoles et les festons seront équipés par des dispositifs de franchissement.

Si cette proposition pourrait permettre d’établir rapidement la connexion avec des affluents allemands propices à la reproduction de saumon, elle semble irréaliste côté calendrier, et surtout bien insuffisante pour permettre l’accès des saumons à Bâle tel que promis pour 2020. En effet, malgré les promesses françaises d’augmenter le débit dans les annexes hydrauliques, la majorité des poissons migrateurs chercheront toujours majoritairement à emprunter le canal où le débit est le plus important.
Les Délégations d’Allemagne, de la Suisse et des Pays-Bas, ainsi que les O.N.G de ces mêmes pays pays ont réagi vivement à cette proposition en accusant la France de vouloir échapper à l’équipement des grands barrages eux-mêmes, ou de le repousser au mieux à 2043.
Il n’est pas compréhensible que la France renonce à ses promesses d’équiper les grands barrages au plus vite. Il est indispensable de rétablir la continuité piscicole à la fois dans le cours principal du canal et dans les annexes hydrauliques. La question devrait être tranchée lors de la conférence ministérielle des Pays riverains du Rhin à Amsterdam, au Printemps 2020. Ce retour en arrière de la France risque de mettre à mal le Plan Rhin 2040 actuellement en cours de rédaction.